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Histoire n°1 "Le serf flatteur de Sire Bailly (Gérard Bailly)

2008-03-16 @ 10:57 in Commune d'Uxelles

 

Le serf flatteur de Sire BAILLY (histoire n°1)

 

 

 


"Pamphlet médiéval du serf flatteur de Sire BAILLY d'Uxelles" ........


Pamphlet médiéval du serf flatteur de Sire BAILLY d'Uxelles, Seigneur et Maître du Comté de Clairvaux-les-Lacs, Seigneur et
Grand Maître du Pays de Lons-Le-Saunier et de Revermont…. et 40 patati et 40 patata….et AP2R
et puis je ne sais plus, il y en a tellement…

Bonsoir, mes fidèles lecteurs et tous ceux qui arrivent pour la première fois sur mon blog. Nous sommes de plus en plus nombreux d'après les chiffres que je viens de voir. Bravo !

Ce soir, je suis désolé pour vous internautes du Jura. L'histoire contée est plus spécifiquement uxelloise et adaptée pour les enfants d'Uxelles. Vous pouvez la lire quand même et suivre Sire Bailly (Gérard Bailly), elle est amusante et sans prétention.

Je rappelle que cette histoire est basée sur des faits sans commune mesure avec la réalité et ne reste qu'une histoire pour enfants. Sa morale est toujours la même ; celle d'Esope (environ VII-Vème siècle av J-C), puis de Jean de La Fontaine (1625-1695).

Et maintenant, chose promise, chose due.

Chut, écoutez les enfants ................

 

 

L'histoire médiévale du serf flatteur de Sire Bailly d'Uxelles, Seigneur et Maître du Comté de Clairvaux-les-Lacs, Seigneur et Grand Maître du pays de Lons-Le-Saunier et de Revermont…. Et 40 patati et 40 patata….et AP2R et puis je ne sais plus, il y en a tellement…

 

"Il était une fois un petit serf haut comme trois… fromages…, le bouffon du maître. Il faisait rire, rire, rire… lourd quand même. Il se moquait surtout des autres serfs mais aussi des fils du seigneur derrière leurs dos et surtout du plus jeune.

Pour faire l'intéressant et paraître plus grand, ce petit nain circulait toujours debout sur sa petite charrette rouge. Il portait de drôles de chaperons sur sa tête pour cacher son crâne chauve luisant de méchanceté. Ses petits yeux de fouine, si petits, luisaient eux de jalousie. Il avait la plus grande langue pendue de toute la région (seul élément qui ne soit pas petit chez lui).

Mais depuis que ce petit nain et sa femme s'étaient installés au village, tout s'était mis à tourner de travers. Notre grand seigneur était bien trop occupé par son palais du Luxembourg… Pourtant, il aurait dû prévoir les catastrophes qui allaient fondre sur le village puisque, dès leur arrivée, il avait dû s'occuper, de leur vieille tante mise à la porte avec pour seul bagage son dentier cassé !

Au fond de sa rue déserte, le nain radin s'ennuyait et se mit à passer son temps chez les autres. Mais pourquoi ? (difficile) Pour récupérer tout ce qu'il pouvait en faisant semblant d'être gentil : une table en fer forgé chez les uns, un chemin chez les autres, des rideaux chez les uns, des matelas chez les autres, et patati et patata… et quand il n'y avait plus rien à y récupérer, il passait à la maison suivante.

Ayant fait ainsi toutes les chaumières et fâchés avec ses cinq plus proches voisins à cause de la bassesse de son âme, le soir, dans son petit lit, le nain se disait "mais comment pourrais-je faire pour être encore plus riche ?"

Sa femme, qui n'aimait que les animaux et qui avait des dents de loup, lui dit "Il faudrait que tu deviennes le serf le mieux vu du maître. Nous pourrions ainsi profiter de ses largesses et nous enrichir encore et encore, comme lui". Mais comment ?

(Réfléchissez les enfants, oui, bien sûr). Jean de La Fontaine nous en donne la réponse "tout flatteur vit au dépend de celui qui l'écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute" et le petit serf s'y connaissait bien en fromages ! Mais était-ce notre si grand maître qui était son nouveau corbeau ?

Alors, chaque fois que le seigneur ou ses fils passaient devant sa chaumière, il se précipitait dehors, se prosternait bien bas et en profitait pour raconter d'odieuses calomnies sur les serfs qu'il détestait. Il s'employait aussi à monter les habitants les uns contre les autres grâce à ses mensonges. Lorsqu'il avait bien fait son travail de dénigrement, satisfait de lui, il bombait son vieux torse bourré d'orgueil et lissait sa petite moustache poivre et sel.

A présent, bien vu par le seigneur, sa femme et ses fils, il commençait à se sentir important. Il pensait sous son petit crâne chauve "maintenant que je les ai bien manipulés et que je suis bien vu, je vais pouvoir m'enrichir. Le maître ne pourra plus rien me dire ; je suis son bouffon, je fais le père noël et ma femme siège au conseil des serfs". Il y a tant de zizanie dans le village à présent, beau travail !

Encore plus de sous, encore plus d'écus…vite, vite… Comme le couple tenait des chambres de passage pour les manants, il se mit à ne verser qu'un peu… presque rien…pas du … des taxes de séjour dues au village. Chaque fois que le maître s'étonnait du grand nombre de gens dormant chez eux (et qui devait payer souvent… très souvent… presque toujours en monnaie sonnante et trébuchante, ni vu, ni connu, pas pris), il lui disait "mais seigneur, ce ne sont que des amis, ce ne sont pas des voyageurs". …… Et, çà marchait, le seigneur ne disait rien,… de si bons petits serfs, si utiles avec tous leurs ragots.

Encore des sous, encore des sous…vite, vite pour acheter des maisons pas chères en cachette… Ils avaient même essayé de proposer une rente viagère ridicule à la personne la plus âgée du village pour sa jolie maison, mais là, ils étaient tombés sur un bec, le bec d'une femelle corbeau perspicace.

Pendant l'été, c'était la saison touristique et les manants des grandes villes tous pâles venaient prendre un bon bol d'air chez nous. Ils repartaient tout vert et malades parce qu'ils avaient bu de notre eau.

C'était donc le moment où nos infâmes serfs faisaient enfin leurs bonnes affaires, normal. Puis, un jour, ils se dirent "notre vieille mère nous fait vraiment perdre beaucoup d'argent. Elle nous verse bien une location, mais l'été, nous y perdons". Et alors ? " Si nous la mettions dans la cabane au fond des bois pendant cette période, nous pourrions louer sa maison et gagner encore plus d'argent". Aussitôt dit, aussitôt fait.

Tous les autres serfs étaient profondément attristés et choqués de cette situation. Sire Bailly allait bien faire quelque chose ? Il ne pouvait quand même pas admettre cette ignominie! Il lui fallait absolument appeler la direction domaniale contre les affreux serfs (DDAS) ? Un peu de cœur quand même ! Rien n'y fit, il était au courant et ne faisait plus rien pour rendre la justice sur le terrain de boules. J'avais enfin compris que ce seigneur égoïste ne méritait plus mon estime.

Lui qui prônait son grand cœur à qui voulait l'entendre, qui jouait et rejouait merveilleusement avec la sensibilité des gens dans ses discours (voir discours des vœux de cette année), il n'avait rien fait. Il était devenu trop orgueilleux (même discours 114 fois "JE") pour voir la vraie misère humaine. Et c'est ainsi que, depuis des lustres, une vieille dame de +de 80 ans dans notre village était contrainte, chaque été, à déménager l'ensemble de ses affaires et à vivre sans eau (ça c'est plutôt une chance), ni électricité dans une cabane au fond des bois ou ailleurs.

Encore des sous, encore des sous…vite, vite… radins, nos petits serfs avaient même invité…. incroyable… à grand frais….incroyable…, Sire Bailly, sa femme, ses fils et les petits princes… en étant sûrs d'en tirer avantage et de rentabiliser leur lourde dépense. A partir de ce jour, ils purent, sans vergogne, profiter au grand jour de ce seigneur. (Jean de La Fontaine avait raison, çà marchait toujours). Ils avaient pu ainsi :

- poser une pancarte sauvage non conforme, fleurie par la commune, sans accord du conseil à l'entrée du village, le maître n'avait rien dit,
- semer la zizanie entre les habitants, le maître n'avait rien vu,
- désherber leur propriété et gîtes avec le désherbant communal, sans le faire devant les chaumières des serfs jalousés, le maître n'avait rien dit
- récupérer à l'automne les fleurs persistantes communales pour les réutiliser à leur profit, le maître n'avait rien vu,
- bénéficier de subventions, le maître les avait aidés,
- récupérer tous les mauvais bois communaux tombés, (sauf les très bons bois mais c'est une autre histoire), le fils du maître était d'accord
- et 40 patati et patata….le maître : O..Kay…OKay…OKay (film Les Visiteurs).

Encore des sous… encore des sous…vite, vite. Qu'ont-ils décidé à nouveau ces serfs mesquins et perfides pour s'enrichir ? (réfléchissez un peu), (oui, encore), (bien, c'est çà), (oui vous y êtes, bravo) réponse :"devenir nouveau maire du conseil des serfs" (chef de paille, … évident Watson…) protégé par le seigneur (ça, c'est aussi fini). Mais lequel des deux ? Pas lui, bien sûr, il n'avait pas suffisamment de ……, même petites, pour prendre des risques. Stressé, il était sous euphytose en permanence. La première fois, il y avait déjà envoyé sa femme. Et pourquoi voulaient-ils bénéficier de ce statut ? (mais enfin), pour un sou, des petits sous, encore des petits sous... Mais pour faire comme qui ? (facile, voyons). Mais enfin, comme le maître : un mandat de maire avec des sous, deux mandats avec des sous, trois mandats patati et patata… 40 mandants et patati et patata et des sous…

Epilogue

Ce n'était qu'une histoire de petit nain sordide pas bien malin dont tout le village connaissait déjà la perfidie et toutes les histoires que je vous raconte.

Il n'y avait que le seigneur et ses fils qui n'avaient rien vu, trop occupés à cultiver l'orgueil, une nouvelle herbe du coin qui pousse si vite ici, mais chut, on n'avait le droit de ne rien dire au pays de "qui vous savez".

En flattant un grand seigneur (fable d'Esope), on peut tout avoir. Il ferme les yeux sur bien des choses et arrange bien des magouilles. C'est d'ailleurs pour cela que nous restons souvent serfs, y compris moi-même. Le risque c'est d'être prisonnier en perdant notre liberté.

Quant à notre vilain nain, il fallait bien qu'il ait son retour de bâton (une bonne bastonnade, deux et patati et patata de la part de nombre d'habitants) et ce n'est que justice. Ne trouvez-vous pas les enfants ? Il semble bien pris à son propre jeu. Quand on se moque des autres, il faut accepter que les autres se moquent de vous. L'exercice est difficile et nous le connaissons tous bien, il était absolument nécessaire pour ce fourbe et sûrement salutaire pour tout le village.

Mon histoire est sans prétention, elle ne reste qu'une histoire amusante pour les enfants.

A bientôt, le maître me cherche.

Si je ne suis pas écartelée et simplement dans mon cachot, ne m'apportez pas d'oranges, mais des feuilles et des crayons. Ma nourriture, on ne pourra jamais me l'enlever, "c'est ma liberté de penser".

 

 

Le pamphlétaire vilipendé

 

 

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